Estrosi invite LR à passer « un accord avec Emmanuel Macron » pour soutenir sa réélection en 2022

Sa déclaration a ravi les élus du Rassemblement national (RN), scandalisé ses collègues de Les Républicains (LR) et plongé la majorité dans un profond malaise. Dans un entretien accordé au Figaro, le maire de Nice (Alpes-Maritimes) et ancien ministre de Nicolas Sarkozy, Christian Estrosi, a invité sa famille politique à passer « un accord avec Emmanuel Macron » pour soutenir sa réélection en 2022, « sur la base d’un projet commun ».
[image AFP]

« Il existe beaucoup de talents chez nous mais, soyons honnêtes, aucun d’entre nous ne s’impose pour concourir à la présidentielle », a-t-il fait valoir, avant d’ajouter que beaucoup de parlementaires et d’élus locaux partageaient son sentiment « sans oser le dire publiquement ». Sitôt ce sentiment publié noir sur blanc, les réactions politiques se sont multipliées, contraignant bon nombre de figures de LR à répéter qu’un tel scénario était proprement inenvisageable.

Du côté de La République en marche (LREM), en revanche, rares sont les élus à s’être épanchés sur le sujet. « Prix de l’humour politique attribué à… », s’est contenté de tweeter le député et vice-président de l’Assemblée nationale, Hugues Renson, avec un lien vers l’entretien de Christian Estrosi. « Les gens sont mal à l’aise, admet l’un de ses collègues de banc, issu des rangs du Parti socialiste (PS). C’est fou d’en être arrivés là. »

Pas si fou, à vrai dire. Car malgré les interrogations de la presse et les dénégations de ceux qui, parmi ses soutiens, se disent encore de gauche, Emmanuel Macron est de droite. Il mène des politiques de droite, au côté de premiers ministres de droite, d’un ministre de l’économie de droite, d’un ministre de l’intérieur de droite… Depuis trois ans, rien n’est venu démentir ce fait. Le remaniement de juillet, promesse de « réinvention », l’a même entériné.

Le président de la République avait donné le ton dès le début de son quinquennat en s’appropriant les antiennes économiques et sociales de LR. Non content d’avoir accaparé une partie de l’électorat de droite, au détriment du centre-gauche qui avait permis son élection, le chef de l’État s’est ensuite aventuré, à compter de septembre 2019, sur le terrain des questions dites « régaliennes » – comprendre l’immigration, la laïcité et la sécurité.

Depuis lors, celui qui avait dépollué la campagne de 2017 des questions identitaires s’est employé à les remettre au cœur du débat public, en lançant un débat insensé sur l’immigration, avant d’accorder un entretien au journal d’extrême droite Valeurs actuelles, dont il disait même en privé : « C’est un très bon journal, il faut le lire pour comprendre ce que pense la droite. » […]

Article par Mediapart, Ellen Salvi

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